← 100% Immo · Épisode 05

Emprunt sans revenu et travaux déductibles : vos questions

Diffusé le 17 juillet 2026·2 min·Groupe M6
Vidéo de démonstration

Peut-on emprunter à deux si l'un n'a pas de revenu ? Les travaux d'isolation sont-ils déductibles des impôts ? Michel Morgado répond en vidéo.

Oui, il est tout à fait possible d'emprunter à deux même si l'un des co-emprunteurs n'a pas de revenu, à condition que l'emprunteur principal ait une capacité de remboursement suffisante. Concernant les travaux d'isolation, ils ouvrent droit à des aides (MaPrimeRénov') pour la résidence principale, et sont déductibles des revenus fonciers pour un investissement locatif. Dans ce nouvel épisode de « 100% Immo », Michel Morgado répond directement aux questions des téléspectateurs.

Peut-on emprunter à deux si l'un des deux n'a pas de revenu ?

La question d'Albane (de Bourgoin-Jallieu) soulève une interrogation fréquente chez les couples souhaitant devenir propriétaires. La réponse de Michel Morgado est claire : oui, c'est tout à fait possible.

Cependant, ce montage financier implique des règles strictes de la part des établissements bancaires. L'emprunteur qui ne perçoit pas de revenu (étudiant, personne en recherche d'emploi, conjoint au foyer) devra idéalement apporter une contribution financière sous forme d'apport personnel.

La banque va se concentrer exclusivement sur le taux d'endettement de l'emprunteur principal. C'est lui qui devra prouver sa capacité à rembourser l'intégralité des mensualités du prêt immobilier. Selon les recommandations du HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière) applicables en 2026, le taux d'endettement du foyer ne doit pas dépasser 35 %, assurance emprunteur incluse.

Même s'il ne contribue pas financièrement au remboursement mensuel, le co-emprunteur sans revenu joue un rôle clé : il est un soutien pour l'emprunteur principal et, surtout, il est solidaire du prêt. En signant l'offre de crédit, il s'engage juridiquement vis-à-vis de la banque. Ce montage orientera naturellement le montant maximum du prêt accordé, qui sera calculé sur un seul salaire.

Si je fais des travaux d'isolation chez moi, puis-je les déduire de mes impôts ?

Marc (de Pommeuse) s'interroge sur la fiscalité liée aux travaux de rénovation énergétique. Là encore, Michel Morgado apporte une réponse nuancée selon le statut du propriétaire.

Oui, il est possible de bénéficier d'avantages fiscaux ou d'aides financières, à partir du moment où ces travaux ont pour but d'améliorer les performances énergétiques du logement.

Pour votre résidence principale

Si vous réalisez des travaux d'isolation dans le logement que vous occupez, le système a évolué. L'ancien CITE (Crédit d'Impôt pour la Transition Énergétique) a été remplacé par le dispositif MaPrimeRénov', versé par l'ANAH. Il ne s'agit plus d'une déduction d'impôt sur le revenu, mais d'une prime directe dont le montant dépend de vos revenus et du gain écologique apporté par les travaux.

En 2026, les aides privilégient fortement les rénovations globales (isolation + chauffage). À cela peuvent s'ajouter les CEE (Certificats d'Économies d'Énergie) et la TVA à taux réduit de 5,5 %.

Pour un investissement locatif

Si vous louez le logement et que vous déclarez vos revenus fonciers au régime réel, la règle est différente. Vous pouvez déduire de vos revenus fonciers le montant des travaux d'isolation, d'entretien ou de réparation. Cette déduction vient diminuer votre base imposable, ce qui constitue un véritable avantage fiscal pour les investisseurs.

« Conservez précieusement toutes vos factures — émises par des artisans RGE — et renseignez-vous sur le montant exact des aides auxquelles vous avez droit avant d'engager les travaux. »

Cas pratique : préparer son dossier bancaire avec un seul revenu

Lorsqu'on se lance dans un projet d'achat immobilier avec un co-emprunteur sans revenu, la préparation du dossier de financement doit être irréprochable. Les banques, particulièrement en 2026, sont attentives au moindre détail pour limiter leurs risques.

L'importance de la gestion de compte

La première étape consiste à présenter des relevés de compte parfaits sur les trois derniers mois. La banque scrutera vos habitudes de consommation. Il est impératif d'éviter tout découvert, même autorisé, et de solder les éventuels crédits à la consommation en cours. Une gestion saine prouve à l'établissement bancaire que, même avec un seul revenu, le foyer maîtrise son budget.

Reste à vivre et saut de charge

Au-delà du taux d'endettement strict de 35 %, le banquier analysera deux indicateurs cruciaux :

  • Le reste à vivre : ce qu'il vous reste pour vos dépenses courantes une fois la mensualité déduite. Avec un seul revenu pour deux, il doit être jugé « confortable ».
  • Le saut de charge : la différence entre votre loyer actuel et votre future mensualité. Un saut minime rassure considérablement la banque.

Anticiper la protection du co-emprunteur sans revenu

Un achat immobilier engage sur le long terme (jusqu'à 25 ans). Il est donc primordial de protéger les deux co-emprunteurs, notamment celui qui ne perçoit pas de revenu.

L'assurance emprunteur : une sécurité indispensable

L'assurance de prêt immobilier est exigée par toutes les banques. Elle couvre les risques de décès, d'invalidité et d'incapacité de travail. Dans le cas d'un couple où seul l'un des deux travaille, la répartition de la couverture (la « quotité ») est une décision stratégique.

Généralement, la banque exigera que l'emprunteur principal soit couvert à 100 %. Ainsi, s'il lui arrive un accident de la vie, l'assurance remboursera l'intégralité du capital restant dû, protégeant le co-emprunteur sans revenu.

Il est souvent conseillé de couvrir également le co-emprunteur sans revenu (couverture à 200 %, soit 100 % sur chaque tête). En effet, si ce dernier venait à disparaître, l'emprunteur principal pourrait avoir besoin d'aide financière pour gérer le quotidien.

La propriété du bien immobilier

Il est fondamental de dissocier le financement de la propriété. Ce n'est pas parce que l'un des deux rembourse la totalité du prêt qu'il est l'unique propriétaire. La répartition est définie chez le notaire lors de la signature de l'acte authentique.

Si le couple n'est pas marié sous le régime de la communauté légale, il est recommandé de préciser clairement les quotes-parts d'acquisition (par exemple 60/40 ou 50/50) selon l'apport initial de chacun.

Questions fréquentes

Est-ce que la banque exige un apport si j'emprunte seul ou avec un conjoint sans revenu ?

Oui, en pratique, les banques demandent presque systématiquement un apport personnel couvrant au moins les frais de notaire et de garantie (environ 10 % du projet). Cet apport rassure l'établissement bancaire, particulièrement lorsqu'un seul salaire supporte le remboursement.

Le co-emprunteur sans revenu est-il propriétaire de la maison ?

Oui, s'il signe l'acte de vente chez le notaire en tant que co-acquéreur. La propriété du bien dépend de ce qui est inscrit dans l'acte authentique (par exemple 50/50), indépendamment de qui paie réellement les mensualités du crédit.

Quels travaux d'isolation donnent droit à MaPrimeRénov' en 2026 ?

En 2026, MaPrimeRénov' finance principalement l'isolation (murs, toiture, combles) lorsqu'elle est intégrée dans un projet de rénovation globale permettant un gain d'au moins 2 classes sur le DPE. Les travaux « mono-geste » (isolation seule) ne sont plus financés par ce dispositif.

Puis-je déduire des travaux si je loue en meublé (LMNP) ?

En location meublée (LMNP) au régime réel, vous ne déduisez pas les travaux de vos revenus fonciers, mais vous les amortissez comptablement sur plusieurs années. Cela permet de réduire, voire d'annuler, l'imposition sur vos revenus locatifs (BIC).

Estimer mon bien